Vous le savez peut-être, ces derniers mois, nous avons passé pas mal de temps nous et nos copains de la profession, à tenter de discuter avec la Région des modalités de l'aide à la Conversion et au Maintien en bio à mettre en place de 2015 à 2020 dans le cadre de la PAC. dialogue de sourds
 
En synthèse, les représentants d'InterBio Limousin, de la Chambre régionale d'agriculture et de Coop de France Limousin n'ont cessé tout au long de l'automne de dire d'une même voix :
  • leur crainte de voir comme très insuffisants les 14,7 millions  prévus pour financer ces deux mesures au regard d'hypothèses relativement modérées d'augmentation des surfaces certifiées,

  • et leur opposition à voir la Région envisager de ne pas pérenniser au-delà des 5 premières années l'aide au maintien en bio.
Aucune séquence de travail n'ayant pu s'enclencher avec la collectivité malgré les offres de services plusieurs fois réitérées par les professionnels, la messe fut dite le 16 janvier dernier lors d'un comité de pilotage du plan "Ambition Bio 2017" où l'Etat et la Région nous ont solidairement confirmé ces cinq années et pas plus d'aide au maintien. Cela signifie qu'un bio limousin, dont les terres sont converties, pourra bénéficier en termes d'aide surfacique d'un soutien additionnel s'il s'engage pour cinq ans à laisser ses parcelles en bio. Cela est rétroactif, c'est à dire que les surfaces déjà aidées au maintien en bio avant 2015 pourront éventuellement continuer d'être soutenues pour le reliquat des 5 ans d'engagement. Par exemple, des parcelles étant en SAB-M (Soutien en Agriculture Biologique - Maintien) depuis 2012, se verront accorder une aide jusqu'en 2017. Ensuite, c'est fini.

La forte réaction des professionnels présents n'y a rien changé : la Région ne reconnait pas au delà de 5 ans la nécessité de compenser les surcoûts de production liés à la pratique en bio, et encore moins les services environnementaux que les bios rendent à la société. Tout cela au nom de prétendus revenus supérieurs des bios par rapport à ceux des conventionnels. Prenant ainsi le risque de déclencher des déconversions pour les fermes concernées par cette déstabilisation annoncée de leur économie. Et cette décision n'étant pas harmonisée avec celles prises par les Conseils régionaux d'Aquitaine et de Poitou-Charentes, nous aurons donc dès le 1er janvier 2016 des politiques différentes en la matière sur les territoires d'une pourtant même région administrative.

Quant à la demande de doter de moyens suffisants l'enveloppe destinée à financer aides à la conversion et au maintien, l'absence de réponse finit de souligner le paradoxe entre des objectifs affichés comme du développement et un désengagement sur le principal outil PAC de conversion et de maintien en bio.

Difficile donc de parler avec un pouvoir régional qui finalement semble plus sensible à des admonestations par voix de presse qu'à la mise en place d'une réelle concertation si l'on en juge les derniers développements de l'affaire, à savoir un échange par articles de presse interposés au détour desquels on apprend que la région étudie l'opportunité de mettre en place 5 ans supplémentaires d'aide au maintien réservés aux fermes 100% bio. Nous nous sommes empressés d'expédier cette lettre ouverte à nos élus régionaux. Toujours sans réponse à ce jour.

A suivre donc ….
Simon Codet-Boisse