aide maintienA partir de 2015, les aides du 2nd pilier de la PAC seront gérées par les régions. Sont concernées les aides versées aux agriculteurs bio, conversion et maintien. Elles sont incluses dans le Plan de Développement Rural (PDR) dont les régions ont la responsabilité.
Le 12 juin, les trois Groupements d'Agriculture Bio (GAB) du Limousin ont rencontré le Conseil Régional, première rencontre officielle depuis la naissance des GAB départementaux.
Au cours de cette réunion, Claude Trémouille, vice-président chargé de l'agriculture, nous a confirmé que la Région n'envisageait pas de pérenniser dans son PDR 2015-2020 l'aide au maintien. Une position commune à beaucoup de régions, 20 régions sur 22 envisageant des choix identiques. Les modalités techniques de cette décision ne semblaient pas encore clairement définies, mais l'élu posait comme principe que l'aide au maintien ne serait plus versée indéfiniment tant que l'agri restait en bio, comme c'était le cas jusqu'à maintenant. Les justifications annoncées à cette rupture ont été d'une part l'insuffisance des crédits européens et nationaux disponibles pour financer l'aide à la conversion et au maintien, et d'autre part le fait que les agriculteurs bios vivraient mieux (sic !) que les conventionnels selon la statistique agricole. Nous avons répondu qu'il était difficile pour la collectivité de s'appuyer sur une prétendue insuffisance de moyens alors que, selon nos informations, elle avait fait le choix unilatéral dans sa maquette financière envoyée à Bruxelles d'amputer de 7M€ les 24M€ que l'Europe (crédits FEADER) et l'Etat lui mettaient à disposition pour soutenir et maintenir en bio les agriculteurs bio limousins. En d'autres termes, je me coupe un bras, puis je dis que je ne peux faire le boulot parce qu'il me manque un bras. L'autre argument régional sur notre prétendue richesse se vit rétorquer que la mesure d'aide au maintien ne visait pas à l'origine à compenser les surcoûts de production de la bio, mais à rémunérer des services environnementaux rendus à la société. Le match de ping-pong s'interrompit, la Région concédant qu'elle nous inviterait à le reprendre à l'automne à l'occasion de la définition de son Document Opérationnel de Mise en Oeuvre (DOMO) de son PDR.

Le 18 juin, lors de l'AG d'Agrobio 87, le débat porte sur le sujet, en présence de représentants des autres GAB, d'InterBio Limousin (IBL), de la Chambre d'Agriculture de la Haute-Vienne (CDA87) et de la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB). Nous prenons conscience de l'ampleur régionale et nationale du dossier, celui-ci faisant l'objet, chose rare, d'une position commune à l'ensemble de la profession agricole, la FNAB, l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture (APCA) et Coop de France ayant manifesté par courrier commun adressé à l'Association des Régions de France leur désaccord vis à vis des choix opérés par les régions. C'est au cours de cette réunion qu'IBL est aussi pressentie comme cadre d’interpellation de la Région sur le sujet.

Le 26 juin, le Conseil d'administration d'IBL acte du principe et du contenu d'une adresse à la Région, qui se concrétisera courant juillet sous la forme de ce courrier cosigné par Coop de France Limousin, la Chambre Régionale d'Agriculture du Limousin et IBL.

Le 9 septembre, le sujet figure à nouveau à l'ordre du jour du CA d'IBL. Y sont examinés les termes d'un chiffrage par la profession des crédits nécessaires au financement des aides à la conversion et au maintien en bio préservées dans leurs modalités actuelles, chiffrage calculé en phase avec les objectifs de développement que l'ensemble des parties prenantes d'IBL s'est donné à l'horizon 2020 pour la bio limousine. Sur ces bases, il est décidé que les trois signataires du courrier précité produisent en urgence une demande argumentée de rencontre avec le Conseil régional. Selon nos informations, cette rencontre devrait intervenir le 26 septembre. A suivre donc ...

Au delà de ces discussions institutionnelles, que pouvez-vous faire, vous producteur ou simple attaché(e) à la bio, pour témoigner de votre intérêt à voir préserver le mode actuel de soutien public aux agriculteurs voulant se maintenir en bio? Peut-être commencer par signer cette pétition lancée par nos collègues de la région Centre et que l'ensemble du réseau FNAB a décidé de promouvoir.

Bien à vous.
Jérôme Keller et Simon Codet-Boisse