photoUne première journée Bout de champ caprine, co-organisée par la CDA 87 et Agrobio 87 bien arrosée (de pluie) et donc bien fréquentée par des éleveurs en questionnement sur leur installation ou conversion possible.

Deux couples de futurs éleveurs en recherche de ferme pour asseoir leur projet de production de lait de chèvre avec transformation.Un producteur et sa fille installés en système intensif potentiellement intéressés par une conversion.Une animatrice,deux techniciens et bien sur nos hôtes pour l’après midi.

UNE INSTALLATION RÉCENTE ET PROMETTEUSE.


Thibault et Floriane .nous reçoivent au coeur de leur projet qui c’est concrétisé il y a 2 ans .Cette installation encore fraiche à été le site idéal pour les porteurs de projet présents . Le parcours d’installation de nos hôtes reflète bien les divers étapes plus ou moins laborieuses à suivre pour donner corps au projet. Le choix du site avec sa position géographique,son environnement social est aussi important que le potentiel purement agricole de la ferme convoitée. Au dire de Thomas plusieurs exigences de départ vont obligatoirement voler en éclats alors d,autres que vont s,imposer au rythme des visites. Ainsi il avait décidé au départ de ne pas même envisager une exploitation coupée par une route et aujourd’hui le projet à planté ses racines sur une ferme traversée par...une route.
Le système repose sur 20ha de prairie pour moitiés temporaires et naturelles situées sur la commune de Champnetry. Un hectare de culture de mélange céréalier à 8 composants complète les surfaces  servant à l’alimentation des 30 chèvres laitières et du renouvellement ainsi qu’a 6 bovins limousins. Encore une fois le choix des bovins n’était pas du tout prévu au départ mais leur présence sur l’exploitation reprise à aux dires de Thibaut été vu comme une contrainte au départ. Aujourd’hui il reconnaît que finalement les bovins complètent les caprins au niveau de la valorisation des pâturages et des stocks récoltés.  Le côté fine gueule des chèvres est équilibré par la capacité des bovins allaitants à valoriser les refus que ce soit au pâturage ou à l’auge »De plus la première coupe enrubannée est réservée aux gros ruminants et cela par crainte de problèmes de lystéria. La chèvre ne serait donc pas la vache du pauvre en tout cas pas pour la qualité de la ration qui doit lui être servie.
Avec un seule traite quotidienne et une ration unique pour tous le troupeau la force de travail est plutôt orientée vers la partie transformation et mise en marché. La fromagerie à été totalement autoconstruite mis à part pour l’électricité et la plomberie.Avec en ce moment 15000l traités le laboratoire est calibré pour le double alors que le troupeau est en système peu intensifié (monotraite) ce qui laisse une marge de revenu potentiel au système.

PAS QUE DU TECHNIQUE EN BOUT DE CHAMP.
Le volet compréhension,interprétation et respect du cahier des charges à été un moment important de cette après midi. Ainsi les producteurs dans le nord du département se posaient beaucoup de questions  sur trois points précis soit l’alimentation lactées des chevrettes de renouvellement sans lait en poudre,la conduite de la reproduction sans hormones et la pratique du pâturage sans surfaces adéquates.

OSER LE PÂTURAGE.
Suite au recadrage récent de la norme pâturage par l’INAO il est désormais clair que : Les caprins ont un accès permanent à des pâturages pour brouter,chaque fois que les conditions le permettent ( sauf restrictions sanitaires). Norme 2.1.
En pratique et considérant les spécificités du pâturages des caprins quand à leur faible résistance parasitaire il faut au minimum prévoir 10ha pour 100 chèvres .D’avantage de surface est un gage de réussite car il faut comprendre que les animaux ne devraient pas revenir avant 60 jours  sur la même parcelle afin de casser le cycle des parasites. Comme le prônait André Voisin il est donc important d’alterner la fauche et la pâture conseil qui prends toute sa signification pour le cas des chèvres. Un passage de bovins peut aussi être une substitution à la fauche.Le confinement des animaux sur des aires d’exercices ne pourra donc être envisagé que pour des raisons sanitaires (infestations parasitaires  exceptionnelle) ou intempéries durant la saison de pâturage ou hors saison de pâturage .Il en est de même  en cas de manque d’herbe  pour cause de mauvaise repousse par exemple. Cette mise au point est importante  le pâturage étant la clé de voûte du système dans son ensemble.

Le cahier des charges reste cependant assez vague quand aux durées quotidienne de pâturage . Cependant dans une optique de recherche d’autonomie alimentaire minimum il faudrait envisager alors de laisser l’accès aux animaux  au moins 4h par jour  afin de collecter au moins 1kg de matière sèche.

NOURRIR LES CHEVRETTES .
Le lait en poudre bio étant hors de prix  il reste 2 options  qui consistent soit de  nourrir au lait de chèvres ou de vaches. La technique la moins gourmande en temps est de laisser les chevrettes sous la mère et d’accepter de perdre une partie de la production. Il est possible aussi de redistribuer du lait de la traite et d’ainsi mieux contrôler la consommation.
Nourrir avec du lait de vache bio est envisageable si un élevage est disponible dans les environs ou bien si quelques vaches nourrices sont intégrées au système.Pour avoir moi même élevés des agneaux sous une Jersiaise je ne saurais qu’inciter les producteurs à réfléchir à cette option avec en plus la possibilité d’utiliser les vaches pour les refus des chèvres que ce soit au pâturage ou bien à l’auge.REPRODUCTION NATURELLE
Plus question d’utiliser des hormones pour conduire la reproduction et retour au cycle naturels avec cependant une probable utilisation permise des cycles lumineux,à suivre.
 Une bonne première rencontre  Bout de champ achevée les pieds dans l’herbe à échanger sur les difficultés propres aux caprins dans la gestion des pâturages en particulier. Pour cause c’est là que les marges se réalisent en faisant consommer une ration bon marché et abondante cette année.
Prochaine opération Bout de champ mi-juillet sur les parcelles d’essai de pois et haricots associés au mais et sorgho.Vous l’avez compris on va parler de production de lait de vache.

Le 28 mai 2018, par Alice Leroy et Fabrice Roche