Agrobio87 y était représenté !
Pascal Martel, apiculteur, membre du conseil d’administration
1er colloque régional ECOPHYTO Limousin, co organisé le 23 janvier 2014 par les services de l’état, de la région et de la CRAL  animé par Vincent TARDIEU, journaliste scientifique, auteur de Vive l’agro-révolution française ! (éditions Belin, 2012) lien vers le programme
« Une technologie n’est pas choisie parce qu’elle est la meilleure, elle devient la meilleure parce qu’elle a  été choisie ».
Les objectifs de la séance : Etat des connaissances scientifiques, point sur les actions en cours pour limiter les dangers, point sur l’agriculture bio, et dans un 2ème temps, les risques pour les riverains et les consommateurs.
Quelques mots et temps forts:
 Le Président de Région: Fierté du Limousin au sujet de son activité agricole dominante  durable, extensive,  soucieuse de qualité de l’alimentation. Le défi à relever : renforcer l’efficacité économique de l’agriculture en assurant la compabilité entre, d’une part, valeur ajoutée et emploi et, d’autre part, performance écologique et environnement. Il existe une préoccupation sociétale importante et on ne peut rester muet. Quant au grenelle de l’environnement, on est bien loin du compte.
Le Président de la CRAL : Un ½ siècle de phyto a maintenu les résultats agricoles sans mesurer les impacts sur la santé. Il appelle donc à une meilleure protection, des solutions alternatives et des changements de pratiques en tenant compte des freins culturels.
Jean-Marc MEYNARD, Directeur de recherche Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) Après une mise en perspective historique, le cœur du propos met l’accent sur les verrouillages sociotechniques,  freins aux changements de pratiques. Alors qu’il existe de nombreuses solutions techniques qui ONT FAIT LEURS PREUVES, leur diffusion est faible auprès des agriculteurs. Les verrouillages sociotechniques sont économiques, sociaux, cognitifs, culturels, réglementaires  De fait, chaque acteur se réfère aux raisons qu’ont les autres acteurs de ne pas changer: chaque acteur renforce ainsi la stratégie des autres !
Pour réduire l’usage des produits phytos, informer les utilisateurs n’est pas suffisant : il faut surmonter les verrouillages. Il faut penser et agir de façon systémique car le problème est systémique. Inciter le régime dominant à intégrer la diversification, favoriser le développement et l’organisation des filières. Mais c’est un système social et économique à forte inertie, il faut envoyer un message clair.
Pour en savoir plus : Sur le site de l’INRA Etude de janvier 2013: freins et leviers au développement des filières de diversification
Marie-Christine LECOMTE, Directeur de recherches et Responsable du pôle d’expertise collective (INSERM) Principaux constats de l’expertise collective “Pesticides – Effets sur la santé ”
Les pesticides : c’est 100 familles, 1000 substances actives, 10000 spécialités commerciales. Présomption ne veut pas dire preuve, le lien de causalité étant difficile à avérer. Présomption forte pour certains cancers, maladies neuro dégénératives, sur les effets précoces, la fertilité. Peu de données en toxicocinétique (mélanges et faibles doses) : « Au-delà de 3 substances on ne sait plus ce qui se passe ! ». Pour en savoir plus, sur le site de l’INSERM expertise en ligne
Nadine RENAUDIE, Médecin inspecteur régional du travail (DIRECCTE) Limousin
La maladie de Parkinson est reconnue comme maladie professionnelle pour les agriculteurs : Tableau n°58, décret du 04 mai 2012. On devrait s’attendre à plus de signalement, on est en présence d’une sous-déclaration, d’une sous-estimation.
Mais aussi :
Le réseau DEPHY (Ecophyto), Objectif Zéro pesticide dans nos villes et villages ( Limousin Nature Environnement), protection des utilisateurs, par la DIRECCTE et la MSA.
Conclusions du Grand témoin : Jean-Marc MEYNARD, Directeur de recherche Institut National de la Recherche Agronomique (INRA)
Les objectifs de la journée ont été remplis. L’élargissement du point de vue aux riverains et consommateurs est important en termes de solutions, si on regarde le problème d’un point de vue un peu plus large. Les échanges ont été constructifs, avec très peu de débats polémiques. Il ressort que les agriculteurs sont les premières victimes des pesticides, et qu’au-delà des difficultés méthodologiques à apporter des preuves, les très fortes présomptions équivalentes à une quasi-certitude de l’impact des pesticides sur la santé humaine. Les utilisateurs, agriculteurs, les employés des collectivités, mais aussi les riverains font partie du dossier. Bémol, on n’a pas abordé les effets sur l’environnement. Espoir sur les effets à court terme des actions engagées. Il faut aussi se préoccuper de la façon dont l’ensemble des filières jusqu’au consommateur peuvent se mobiliser. C’est l’optique agro écologique qui permettra d’évoluer le système dans son ensemble, approche qui ne se résume pas qu’à de la technique. Le système socio technique dominant est très cohérent, car s’est avéré très efficace dans un cadre différent de celui d’aujourd’hui : au cadre économique on rajoute un élément : la question de la santé, et là, il faut réfléchir à l’ensemble du système. Il faut donc mettre l’action sur le long terme : EcophytoV2. Mobiliser l’aval, les coopératives, développer les Pnpp. La formation des jeunes est importante pour travailler sur le long terme, le lycée agricole, mais aussi le lycée général, qui forme les consommateurs de 2030. On n’en est qu’au début, même si ça n’avance pas assez vite pour certains. On n’aurait pas pu co organiser ce colloque il y a 5 ans. Cette journée est la 1ère d’une série.
Quelques mots de conclusion du Président et du vice-Président de la CRAL :
Il est indispensable d’avoir demain une action forte pour l’agro écologie en limousin. La CRAL tend la main à toute structure mais garde au centre de ses préoccupations l’aspect économique. Son président appelle de tous ses vœux une suite.
Donc… A nous la suite ? Chiche ! Soyons NOMBREUX à participer aux travaux d’ECOPHYTO 2, franchement, à ce colloque, je me sentais un peu seul.